Première journée, en tant que nouveau chômeur. Je me suis réveillé à peine plus tard que d'habitude, mais évidemment, je me suis souvenu très vite que ma vie avait changé la veille. Je n'avait pas à faire l'heure et quelques minutes de transport en commun, pour me rendre à la succursale. Ce matin, le seul objectif était de m'inscrire à l'assurance-emploi. Et de penser à mon avenir immédiat. Tout un exercice. Pourtant, je ne sens pas d'anxiété ou de crainte, seulement une excitation plutôt agréable. Aucun effet perceptible sur ma dépression en voie de rétablissement, du moins pas jusqu'à maintenant. Je constate que je bénéficie de nombreux atouts personnels, ma personnalité, mes études, mon expérience, mes contacts, ma famille, mes amis... je ne crains pas de me retrouver à la rue non plus. Seule demeure la tristesse de ne plus être libraire chez Renaud-Bray, de ne plus faire partie de l'équipe de ma succursale et en être le délégué syndical.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />Plusieurs d'entre vous ont reçu un courriel de ma part, concernant ma nouvelle vie. Je remercie ceux qui m'ont envoyé en retour des mots d'encouragement, j'ai énormément apprécié. La majorité a évoqué que je ne pouvait qu'avoir une meilleure situation à l'avenir, du moins plus appropriée à ma formation et à mon expérience. Vous avez entièrement raison, j'ai déjà commencé à fouiller les petites annonces. C'est gênant pour mon ex-employeur, il semblerait que mon salaire, après neuf ans d'expérience et trois négociations de conventions collectives, est inférieur au salaire de départ de nombreux emplois offerts actuellement. Je ne suis pas étonné.
Je me suis rendu au bureau de Ressources Humaines du Canada, sur la rue Sherbrooke. Arrivé sur place, j'apprend qu'il a déménagé depuis deux ans. Heureusement, il est situé pas trop loin, rue l'Assomption, pas loin de l'entrée du métro. Sur place, une sympathique préposée à l'accueil (elle est vraiment sympathique, ce n'est pas de la dérision!) m'a indiqué que désormais, on peut remplir sa demande sur Internet. Bien sûr, ça fait combien d'année que je n'ai pas fait appel à ce service? Plus de neuf ans. Non, en fait, j'ai bénéficié d'une mise à pied temporaire, en février 2001, lorsque je me suis fracturé la cheville. Mais ça fonctionnait de la même manière, les fiches à remplir et à envoyer par la poste. Après avoir fait ma démarche et rempli mon formulaire, j'ai déjà fait un peu de recherche, à partir de mon ordinateur.. Je pense à l'enseignement au secondaire, au adultes de préférence. J'ai déjà envoyé un CV, par courriel, à ... (je ne dirais rien qui intéresse le Big Brother de la rue Saint-Denis qui me surveille, prout!)

Je fait partie d'une statistique plutôt en voie de raréfaction, le taux de chômage est actuellement de 6,9% au Québec, le plus bas taux depuis trente ans, dit-on. J'ai une vague impression que je ne serai pas chômeur très longtemps...
C'est qui le type qui a écrit « Le mépris n'aura qu'un temps »?
Et entre-temps, en Irak...
Voici le dernier montage d'Ava Lowery, de Peacetakescourage.com. Ça m'a rappelé la chance extraordinaire d'être chômeur ici, à Montréal...