Je n'avais pas encore écrit sur la dernière nouvelle en importance chez Renaud-Bray. Peut-être que ça me tentais guère, j'ai l'impression de me répéter sur mon blogue. Déjà, dans les deux derniers mois, une partie non négligeable des employés de l'entreprise ont subi des coupures dans leurs heures travaillées, certains ont même perdu leur emploi. Lors de cette annonce, l'entreprise avait assuré qu'elle ne fermerait pas d'autres succursales cette année. Or, trois succursales ont disparues ou vont disparaître du paysage sous peu. J'avais écrit sur celle de Place Québec, une petite succursale négligée au centre-ville de Québec. Le fiasco de la transformation de la succursale de la rue Saint-Denis, en un commerce d'écoulement appelé « Le Temps des Livres », aura amené l'entreprise à annoncer sa fermeture mais celle-ci a été retardée, on ne sait pourquoi. Et finalement, la semaine dernière, c'est la succursale du Village, située sur la rue Sainte-Catherine est, qui va fermer ses portes à son tour.
Les employés de l'endroit ont reçu la nouvelle comme une masse dans le front. En janvier, l'entreprise avait délégué son équipe commerciale, ses soi-disant spécialistes du marketing, pour réaménager les sections. Il semblerait que l'effet était surtout de faire croire aux employés et aux clients de la viabilité de cette succursale. Pourtant, les employés n'étaient pas dupes, le propriétaire du bâtiment est venu à quelques reprises dans la succursale, pour faire des visites. C'est lorsque la direction a été mise devant le fait établi par le syndicat, le local allait être loué à la Banque Laurentienne, qu'elle a finalement admis la fermeture de l'endroit.
Encore une fois, cette fermeture démontre la faillite de la direction commerciale de l'entreprise, dans son obstination à imposer partout le même type de produit, plutôt que chercher à laisser une moindre autonomie aux succursales. L'uniformisation aura eu raison de cette succursale, boycottée en partie par la clientèle gaie et lesbienne. En effet, il y a trois ans, cette direction commerciale avait démantelé la section de littérature gaie, sous un prétexte boiteux. Je reprend l'explication de madame Morency, la relationniste de l'entreprise, pour expliquer cette mise au pas de la succursale : « Les petites madames qui travaille à Radio-Canada ne devraient pas aller chercher leur Michel Tremblay dans une section gaie ». Le spécialiste de cette section, ayant appris son démantèlement à son retour de vacance, est tout simplement passé chez la concurrence, possiblement avec sa clientèle. Du coup, la succursale a subi une baisse important de son achalandage et n'a plus été rentable. Contrairement à ses début, où deux librairies indépendantes avaient fermé leur porte, peu après l'arrivée de Renaud-Bray dans ce quartier, c'est l'implantation de deux autres librairies indépendantes et spécialisées qui ont achevé la désertion de la clientèle à cette succursale.
Cette fermeture est la dernière, dans la restructuration de l'entreprise. Du moins, c'est ce qui est écrit dans le communiqué de Renaud-Bray. Je n'y crois pas. Cette manie du secret et de la dissimulation ne laisse pas beaucoup de marge à la confiance envers la direction. Je me souviens de la prétention de Pierre Renaud, qui répondait aux journalistes, lors de l'ouverture de la succursale de la Place Ville-Marie, l'automne dernier. Il affirmait que « la bonne humeur était revenue dans les succursales », un an après le conflit de travail. Avec les coupures d'heures, les fermetures et les pertes d'emplois, il aura beaucoup à faire, dans les prochain mois, pour rétablir la confiance. Mais peut-on croire vraiment à ce rétablissement? Depuis le temps où la direction a choisi d'imposer la manière forte, les ordres, les sanctions et les menaces aux employés, refonder un lien d'emploi basé sur la communication et la confiance réciproque semble être au-dessus de ses moyens. C'est en dehors de sa nature. Quand la direction de cette entreprise se rendra compte de l'importance du lien de confiance entre elle et ses employés, pour la bonne marche de cette entreprise, il sera malheureusement trop tard.
Sur une note moins plate...
Hier soir, je me suis amusé à retrouver des vidéo-clips loufoques, sur le site de Youtube. Grâce à des fans de la célèbre émission Dollaraclip, diffusé à Musique Plus et animé par Louis-José Houde, nous avons droit à la survie de perles de la musique en vidéo. Mon clip préféré est sans conteste Girls, Boys de Pierre Nadeau, le grand classique de cette émission.
http://www.youtube.com/watch?v=LlhX-yFHqJg
Ce clip a été tourné à Old Orchard, dans le Maine, avec des moyens visiblement restreints. Pierre Nadeau a eu quand même l'ambition de faire un clip d'une chanson d'été, avec les images de soleil, de plage, de filles en bikini, etc. Malheureusement pour lui, il a fallu qu'il se place au centre de la majorité des images, dans un contexte ayant très mal vieilli. Pas étonnant que désormais, on se refile pour rire le lien URL de cette perle de Musique Plus, en pointant du doigt ce chanteur à la moustache...
Quand on fait une recherche Google avec le nom de Pierre Nadeau, on peut observer que ce clip a servi à plusieurs textes sur cette époque un peu oubliée.
