• Étrange conception de l'honnêteté.

    La lettre ouverte envoyée par M. Marcel Boyer, publiée par l'édition du Devoir du 10 février, est étrangement signée. L'auteur pas semblé bon d'en dire plus long sur lui-même, outre le fait qu'il soit un nouveau retraité de l'enseignement de l'Université de Montréal. Réfractaire s'engager envers un syndicat, ça se comprend. L'homme a enseigné pendant si longtemps sur l'importance de la liberté économique, on ne pouvait espérer de sa part qu'il adhère "librement" comme il le répète dans sa missive à son nouveau syndicat. Il a eu parfaitement le droit s'en plaindre dans les pages du Devoir.
     
    Cependant, il aurait plus honnête de sa part de se présenter davantage. Monsieur Boyer cumule les titres et les prestiges, au bout de ses 35 années de carrière mais surtout, il aurait été intéressant qu'il précise qu'il agit toujours en tant que vice-président et économiste en chef de l'Institut économique de Montréal. Il est aussi impliqué au sein du C.D. Howe Institute et du CIRANO, deux autres think tanks également voués pour l'essentiel à défendre l'idéologie néo-libérale et surtout combattre les entraves de la liberté économique... Monsieur Boyer a donc passé sa carrière à proposer une économie où seraient absentes des entraves comme les syndicats, les législations sociales, la présence de l'État, etc. au nom de la sacro-sainte liberté d'entreprise et l'optimisation des mécanismes du marché.
     
    Il est ironique de retrouver ici un économiste aussi prestigieux venir se plaindre d'une situation personnelle, alors que toute sa carrière, il s'est employé à dénoncer le syndicalisme. Se dissimulant sous l'appellation de "Forcé d'adhérer librement au syndicat à l'Université de Montréal", le voilà qu'il reprend de façon personnelle ses convictions idéologiques de toujours, histoire de s'attirer une certaine sympathie du public. L'homme a toujours obtenu facilement les tribunes, mais le voilà qu'il se glisse sous la peau du quidam, pour distiller son anti-syndicalisme. Serait-ce que l'IEDM n'a plus tellement la cote, maintenant que nous glissons inexorablement vers la crise économique la plus important depuis plus de trente ans, en partie grâce à la clairvoyance des économistes de la trempe de Monsieur Boyer?
     
    Belle conception de l'honnêteté intellectuelle, de la part d'un économiste si prestigieux... 

     

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